Section 01Force 1 : le coût de l'emprunt foreign-national
Un Canadien qui achète en Floride sans résidence américaine est, dans le langage des prêteurs, un foreign national. Ce statut change à la fois le taux et la structure du prêt.
La distinction structurelle compte. Une hypothèque foreign national est presque toujours un produit non-QM (non-qualified mortgage) conservé en portefeuille par le prêteur, sans revente à Fannie Mae ou Freddie Mac. Cette structure maintient les écarts plus larges et limite la concurrence entre prêteurs. L'acheteur qui sollicite trois prêteurs ou plus capture habituellement le bas de la fourchette de taux ; celui qui accepte la première offre paye habituellement la prime au complet.
Ce que cela signifie pour un Canadien. Le prêt hypothécaire à taux variable canadien ancré sur prime plus un faible écart n'a pas d'équivalent pour les non-résidents aux États-Unis. Traiter les taux américains affichés dans la presse comme un plancher, jamais comme un plafond, et budgéter la prime foreign national au moment de comparer le coût de l'emprunt américain aux alternatives de placement du capital canadien.
Section 02Force 2 : fiscalité américaine et canadienne des intérêts hypothécaires
C'est la section où l'article audité d'origine était le plus mince, et celle où la majorité des acheteurs canadiens reçoivent des conseils erronés. La déductibilité des intérêts hypothécaires dépend de trois variables imbriquées : la propriété est-elle louée, l'acheteur fait-il une élection fiscale du côté américain, et les fonds empruntés ont-ils servi à gagner un revenu du côté canadien.
Côté américain : l'élection IRC § 871(d)
L'élection se fait en joignant une déclaration au premier formulaire 1040-NR de l'année d'élection, énumérant tous les immeubles américains détenus pour la production de revenu. Elle s'applique à toutes les propriétés américaines détenues par le non-résident et reste en vigueur jusqu'à révocation formelle. Un formulaire W-8ECI est remis au gestionnaire d'immeuble ou au locataire pour suspendre la retenue brute de 30 % pendant que l'élection est en vigueur.
Pour un Canadien qui achète une propriété destinée à la location, cette élection est presque toujours préférable. Une propriété qui génère 30 000 USD de loyers bruts et 22 000 USD de dépenses déductibles paye l'impôt américain sur 8 000 USD à taux progressifs, plutôt que 30 % sur 30 000 USD sans déductions. L'élection transforme le dépôt américain d'une taxation brute à 30 % en taxation nette ordinaire.
Pour un Canadien qui achète une résidence personnelle sans activité locative, l'élection n'est pas disponible, parce que la propriété n'est pas détenue pour la production de revenu. Aucun revenu américain à déduire n'existe, donc les intérêts hypothécaires américains ne produisent aucun bénéfice fiscal côté américain. C'est un malentendu fréquent : l'intérêt hypothécaire d'un non-résident sur une résidence d'oiseau migrateur n'est tout simplement pas déductible, nulle part, du côté américain.
Côté canadien : le test de la fin de gagner du revenu
L'implication est directe. Un Canadien qui tire une HELOC canadienne et utilise les fonds pour acheter une propriété locative américaine peut déduire les intérêts de cette HELOC sur sa déclaration canadienne contre le revenu locatif déclaré sur le T776, peu importe que l'emprunt ait eu lieu au Canada et que le revenu soit étranger. L'article d'origine suggérait que les intérêts HELOC étaient non déductibles, sauf si l'emprunt servait à générer un revenu canadien. Cette formulation surcontraint la règle. Le test est la fin de gagner du revenu, pas la juridiction du revenu.
Pour un Canadien qui achète une résidence personnelle floridienne sans activité locative, ni les intérêts hypothécaires américains ni les intérêts d'une HELOC canadienne utilisée pour financer l'achat ne sont déductibles. La dépense est de la consommation personnelle des deux côtés de la frontière.
Comparatif Canada vs Floride
| Aspect | Fédéral CA | Provincial (Québec) | Fédéral US (IRS) | État (Floride) |
|---|---|---|---|---|
| Intérêts hypothécaires, résidence personnelle | Non déductibles (aucune fin de gagner du revenu, LIR 20(1)c)) | Idem fédéral | Non déductibles (aucun revenu de source américaine à compenser) | Aucun impôt sur le revenu |
| Intérêts hypothécaires, propriété locative américaine | Déductibles contre le revenu locatif sur T776 | Idem fédéral, déclarés sur TP-128 | Déductibles sur 1040-NR annexe E après élection § 871(d) | Aucun impôt sur le revenu |
| Seuil de déclaration | T1135 requis si bien étranger > 100 000 CAD en coût | Reflété sur TP-1135 | 1040-NR pour toute année où l'élection est en vigueur | Aucun |
| Mécanisme d'allégement de double imposition | Crédit pour impôt étranger sur T2209 | CIE Québec sur TP-772 | Convention Canada-États-Unis plafonne la double imposition | Sans objet |
| Devise de déclaration | Tous les montants en CAD au taux de la Banque du Canada | Idem | Tous les montants en USD | Sans objet |
Ce que cela signifie pour un Canadien. L'arbre de décision repose sur deux questions, dans cet ordre : la propriété sera-t-elle louée, et le coût après impôt du taux foreign national est-il inférieur au rendement après impôt attendu sur le capital qui resterait autrement immobilisé dans la propriété. Une résidence personnelle non louée répond non à la première question et l'hypothèque coûte presque toujours plus cher que l'alternative ; une propriété locative répond oui et le calcul s'inverse souvent.
Section 03Force 3 : risque de change
Un acheteur canadien fait face à un problème structurel qu'aucun acheteur américain résident ne rencontre : la propriété est libellée en USD, le revenu et la majorité de l'épargne de l'acheteur sont en CAD, et la conversion produit un gain ou une perte indépendante de la performance de la propriété elle-même.
Un achat cash convertit le coût total de la propriété de CAD en USD en une seule journée, fixant le taux de cette journée pour toute la durée de l'investissement. Une hypothèque américaine de 30 ans étale la conversion sur 360 versements mensuels, lissant l'exposition au taux mais l'étendant aussi à toute la période d'amortissement.
Trois observations comptent pour la décision.
La première : l'exposition de change joue dans les deux sens. Un Canadien qui a fixé un achat en CAD en 2002 à 1 USD = 1,60 CAD a vu le huard se renforcer jusqu'à parité en 2007, soit une perte de change non réalisée d'environ 40 % sur l'équité. Un Canadien qui a fixé son taux à 1 USD = 1,05 CAD en 2012 a vu le huard s'affaiblir à 1,45 CAD en 2025, soit un gain de change non réalisé d'environ 35 % sur l'équité. Aucun de ces résultats n'était prévisible.
La deuxième : la voie de l'hypothèque n'élimine pas le risque de change ; elle le transforme. L'acheteur doit toujours du capital en USD, et chaque versement mensuel convertit du CAD en USD au taux du moment. Un huard qui s'affaiblit rend les paiements plus chers en CAD au fil du temps. Un huard qui se renforce les allège.
La troisième : la HELOC canadienne crée un troisième profil de risque qui ressemble à la voie cash du côté américain et à la voie hypothèque du côté canadien. Le solde HELOC est en CAD, payé en CAD, avec intérêts liés au taux préférentiel canadien. L'acheteur canadien détient un actif américain financé par une dette canadienne, ce qui veut dire que toute l'exposition de change réside dans l'actif, pas dans le passif.
Ce que cela signifie pour un Canadien. À moins d'avoir une vue directionnelle forte sur le huard et d'accepter le résultat asymétrique qui en découle, l'exposition de change d'un achat floridien est une caractéristique de la décision, pas un défaut à éliminer. Les couvertures par contrats à terme ou conversions étalées chez un courtier de change sont disponibles, mais leurs frais doivent être tarifés contre la réduction de risque qu'elles offrent.
Section 04Force 4 : compétitivité de l'offre
Une offre cash en Floride se distingue structurellement d'une offre financée de trois façons qui pèsent sur la lecture du vendeur : elle élimine la condition de financement, elle élimine la condition d'évaluation, et elle raccourcit le délai de clôture de 35 à 60 jours à 15 à 30 jours.
L'élément spécifique à la Floride à intégrer est la question des condos. Plusieurs condos floridiens, particulièrement les bâtiments anciens et les condotels, ne se qualifient pas pour les hypothèques foreign national à cause des règles de warrantability : les prêteurs exigent un ratio minimal d'occupants propriétaires, des réserves adéquates et l'absence de litige actif. Un acheteur canadien qui vise une unité dans un bâtiment non warrantable est forcé soit à un achat cash, soit à un prêt non-QM en portefeuille plus coûteux. C'est structurel, pas marché-dépendant, et cela ne se règle pas en magasinant plus de prêteurs.
Ce que cela signifie pour un Canadien. L'escompte cash est réel mais plus modeste que les manchettes le laissent entendre dans une transaction donnée. Un acheteur en mesure de payer cash devrait traiter cet escompte comme un actif de négociation à déployer contre le prix demandé, pas comme une économie garantie de 10 %. La contrainte de warrantability des condos peut forcer la voie cash sur un acheteur qui aurait préféré financer.
Section 05Force 5 : exposition à l'impôt successoral américain
C'est la force la plus souvent oubliée dans les discussions cash vs hypothèque, et elle peut dominer le calcul pour les propriétés de valeur élevée.
Une hypothèque non-recourse sur la propriété réduit la succession brute imposable dollar pour dollar. Une hypothèque avec recours ne la réduit qu'au prorata de la part de la succession mondiale située aux États-Unis. La majorité des hypothèques foreign national sur des propriétés floridiennes sont non-recourse à l'égard de l'emprunteur personnellement (recours limité à la propriété donnée en garantie), donc réduisent la succession imposable au complet. Un Canadien qui doit 350 000 USD sur une propriété floridienne de 500 000 USD a une succession imposable de source américaine de 150 000 USD au lieu de 500 000 USD.
Ce que cela signifie pour un Canadien. La dimension successorale fait basculer la question cash vs hypothèque d'une comparaison de flux de trésorerie sur 10 ans à une comparaison portefeuille-et-mortalité. Un acheteur de plus de 65 ans avec un patrimoine mondial substantiel et une propriété floridienne de valeur élevée a un calcul différent d'un acheteur de 40 ans avec un condo de 350 000 USD. Le chapitre Succession de ce site traite la mécanique en détail ; pour les fins de la décision de financement, l'effet successoral est un nombre réel qui appartient à la comparaison.
Section 06Quatre scénarios numérotés
Les quatre scénarios utilisent la même propriété de référence et les mêmes hypothèses, ils sont donc directement comparables.
Hypothèses de référence :
- Prix d'achat : 500 000 USD.
- Période : 10 ans.
- Taux de change USDCAD : 1,37 (moyenne avril 2026), supposé stable pour fins d'illustration.
- Taux fixe foreign national 30 ans : 7,00 %.
- Rendement nominal attendu sur le S&P 500 : 8,00 % (rendement réel d'environ 5,5 % après inflation attendue).
- Taux marginal canadien combiné : 40 % (Québec représentatif, tranche médiane).
- Coûts de portage annuels (taxes foncières, HOA, assurance, entretien) : 18 000 USD.
- Taux HELOC canadien : prime + 0,5 % = 4,95 % (avril 2026).
Scénario A : achat cash, résidence d'oiseau migrateur (sans location)
Mise initiale : 500 000 USD = 685 000 CAD. Coûts de portage sur 10 ans : 180 000 USD = 246 600 CAD. Total engagé avant toute appréciation ou mouvement de change : 931 600 CAD. Abri fiscal des deux côtés : zéro. Exposition successorale américaine sur les 500 000 USD bruts (sujet au prorata par convention).
C'est la voie la plus simple et le résultat le plus net à évaluer. Elle fonctionne bien quand l'acheteur a un capital excédentaire qui resterait sinon dans des instruments à faible rendement, quand la tranquillité d'esprit a une utilité positive, et quand la propriété est sans ambiguïté un actif d'usage personnel.
Scénario B : 30 % cash + 70 % hypothèque, résidence d'oiseau migrateur (sans location)
Mise de fonds : 150 000 USD = 205 500 CAD. Frais de clôture aux 3 % typiques : 15 000 USD = 20 550 CAD. Montant du prêt : 350 000 USD à 7 % sur 30 ans. Versement mensuel capital + intérêts : 2 329 USD. Versements annuels capital + intérêts : 27 948 USD = 38 289 CAD. Plus coûts de portage annuels : 18 000 USD = 24 660 CAD. Service de la dette plus portage sur 10 ans : environ 629 490 CAD. Abri fiscal des deux côtés : zéro (pas de location, aucune fin de gagner un revenu). Capital « épargné » de 479 500 CAD investi à 8 % brut, imposé à 40 % sur la portion réalisée : environ 766 000 à 800 000 CAD après 10 ans, selon la structure de différé fiscal utilisée.
Le résultat est matériellement proche du scénario A en richesse terminale 10 ans, avec deux différences importantes : le risque de marché est réel (le rendement de 8 % est une attente, pas une garantie), et l'exposition successorale américaine est réduite de 500 000 USD à environ 150 000 USD d'équité sur la durée du prêt.
Scénario C : 30 % cash + 70 % hypothèque, propriété locative
Même mise de fonds, frais de clôture et structure de prêt qu'au scénario B. Hypothèse de loyer brut annuel : 36 000 USD (représentatif d'un condo de 500 000 USD à un rendement brut de 7 % dans un marché floridien de villégiature). Dépenses d'exploitation (HOA, assurance, taxes foncières, gestion, vacance) : 22 000 USD. Intérêts hypothécaires annuels (année 1) : environ 24 400 USD. Amortissement annuel (obligatoire, linéaire sur 27,5 ans) : environ 14 000 USD. Revenu locatif net imposable sur 1040-NR après élection § 871(d) : environ -24 400 USD (perte papier dans les premières années à cause de l'amortissement). Impôt américain dû dans les premières années : zéro. Revenu locatif net du formulaire T776 (DPA optionnelle, souvent non réclamée sur la propriété américaine) : environ 14 400 USD = 19 728 CAD, imposé à 40 % = 7 891 CAD.
L'hypothèque réduit substantiellement la facture fiscale américaine (à zéro dans les premières années) et la facture canadienne (intérêts pleinement déductibles). Le coût effectif après impôt de l'emprunt passe du taux nominal de 7 % à environ 4,5 % à 5,0 %, selon la tranche.
Scénario D : achat cash via HELOC canadienne
HELOC tirée sur la propriété canadienne : 685 000 CAD à prime + 0,5 % = 4,95 %. Coût d'intérêts annuel (HELOC intérêts seulement, année 1) : 33 907 CAD. Conversion : 685 000 CAD au complet convertis en 500 000 USD à 1,37, exécutés via courtier de change avec un écart typique de 30 à 50 points de base (économie d'environ 5 000 à 7 000 CAD par rapport à une banque canadienne de détail). L'offre américaine est 100 % cash, sans condition de financement, sans condition d'évaluation, clôture en 21 jours. Exposition successorale : 500 000 USD au complet (la HELOC pèse sur la propriété canadienne, pas sur la propriété américaine ; elle ne réduit pas la succession imposable de source américaine). Déductibilité côté canadien : dépend de l'usage des fonds. Si la propriété floridienne est louée, les intérêts HELOC sont déductibles contre le revenu locatif sur T776. S'il s'agit d'une résidence personnelle, les intérêts HELOC ne sont pas déductibles. Refinancement optionnel : un refinancement avec retrait de fonds (cash-out) foreign national américain peut être exécuté 6 à 12 mois après la clôture, convertissant une partie de l'équité en dette USD au taux du moment.
Cette voie est forte quand l'acheteur a besoin de la compétitivité d'une offre cash (marché à offres multiples, condo non warrantable, ou clôture rapide) sans vouloir engager irréversiblement la totalité du déboursé en CAD, et quand l'acheteur dispose d'une équité canadienne propre disponible au taux HELOC.
Section 07Stratégie selon le profil de l'acheteur
Les mêmes cinq forces s'appliquent à tout acheteur ; la pondération change selon le profil. Les patrons ci-dessous sont des points de départ, pas des prescriptions.
Snowbird avec capital disponible, résidence personnelle, horizon 5 à 10 ans. Le cash gagne habituellement. Les intérêts hypothécaires ne sont pas déductibles des deux côtés, le taux foreign national excède la plupart des rendements après impôt plausibles sur le capital déplacé, et la simplicité du cash a une utilité positive pour un actif d'usage. L'exception est l'acheteur de plus de 65 ans avec un patrimoine mondial supérieur à 5 millions CAD, où l'économie d'impôt successoral américain découlant d'une hypothèque non-recourse peut suffire à faire pencher la décision vers le financement.
Investisseur locatif long terme, intention de garder 10 ans ou plus. L'hypothèque gagne habituellement. L'élection § 871(d) transforme les intérêts hypothécaires en dépense déductible des deux côtés, l'amortissement crée un abri papier contre l'impôt américain dans les premières années, et le levier amplifie le rendement de l'équité quand l'appréciation de la propriété plus le revenu locatif net excèdent le coût après impôt de la dette. Les produits de prêt DSCR sont conçus pour ce profil et se tarifent fréquemment dans la même fourchette que les hypothèques foreign national à taux fixe, tout en se qualifiant sur le flux de trésorerie de la propriété plutôt que sur le revenu étranger de l'emprunteur.
Acheteur sans capital complet disponible. L'hypothèque est la seule option. L'attention se déplace vers la négociation des conditions : fourchette de taux (magasiner trois à cinq prêteurs), mise de fonds (25 % si les réserves sont solides, 30 % comme base typique), pénalité de remboursement anticipé (à éviter si possible), et exigence de réserves (négocier vers 6 mois à partir de l'ouverture du prêteur à 12 mois). La condition de financement dans l'offre devrait être rédigée pour protéger le dépôt si le prêt ne se finance pas.
Acheteur urgent dans un marché à offres multiples. HELOC canadienne pour l'offre cash, puis refinancement avec retrait de fonds américain optionnel après clôture. La HELOC livre l'offre cash compétitive en 21 jours ; le refinancement restaure le levier en dollars américains 6 à 12 mois plus tard si les taux et les circonstances de vie le justifient. Le compromis : l'acheteur porte le service de la dette HELOC dans l'intervalle.
Acheteur fortuné à faible tolérance au risque, usage personnel uniquement. Cash. L'optimisation marginale offerte par le levier justifie rarement l'introduction d'obligations de service de la dette dans un actif d'usage discrétionnaire pour un acheteur dont le coût du capital est déjà bas. La dimension successorale peut quand même plaider pour l'hypothèque si la propriété est grande par rapport à la succession mondiale, mais c'est une exception étroite, pas la règle.
Section 08Erreurs fréquentes
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Présumer que les intérêts hypothécaires sont automatiquement déductibles sur 1040-NR. Ils ne le sont pas. Sans l'élection IRC § 871(d), le revenu locatif est de type FDAP et imposé à 30 % du brut sans déductions. L'élection doit être déposée ; elle n'est pas automatique, et une élection tardive déclenche le recalcul IRS des années antérieures sur base brute avec pénalités.
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Comparer le taux foreign national au taux conforme. Les médias citent des taux Freddie Mac PMMS qui ne s'appliquent qu'aux emprunteurs résidents qualifiés avec une mise de 20 %. Les taux foreign national ajoutent 0,5 à 0,75 point au-dessus. Budgéter contre la fourchette foreign national, pas contre le taux d'affichage.
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Présumer que les intérêts d'une HELOC canadienne sont non déductibles parce que l'emprunt a eu lieu au Canada. Selon LIR 20(1)c), le test est la fin de gagner du revenu, pas la juridiction du revenu. Les intérêts HELOC liés à une propriété locative américaine sont déductibles sur T776.
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Sous-estimer les exigences de réserves. Les prêteurs foreign national exigent typiquement 6 à 12 mois de PITI complet dans un compte américain accessible à la clôture. Un acheteur qui planifie le flux de trésorerie au seuil de rentabilité après clôture risque d'échouer le test de réserves du prêteur.
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Acheter un condo non warrantable en présumant que le financement est disponible. Plusieurs condos floridiens et presque tous les condotels ne se qualifient pas pour des hypothèques foreign national, peu importe le profil de l'acheteur. Confirmer la warrantability avec le prêteur avant la signature du contrat.
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Oublier complètement l'exposition à l'impôt successoral américain. Un bien de source américaine d'un non-résident d'une valeur supérieure à 60 000 USD (sous réserve du prorata par convention) est exposé à l'impôt successoral fédéral américain à des taux pouvant atteindre 40 %. Une propriété floridienne de 500 000 USD détenue en nom propre, sans hypothèque et sans position fondée sur la convention, peut produire une facture fiscale à six chiffres au décès. La décision de financement et la structure de titre interagissent sur ce point.
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Fixer le taux de change sur une seule journée pour un actif sur 30 ans. Un acheteur cash qui convertit 685 000 CAD en une seule transaction engage la totalité du pari de change ce jour-là. Étaler la conversion sur plusieurs tranches sur 60 à 180 jours via un courtier de change réduit le risque de timing au prix de garder le capital non engagé pendant la fenêtre.
Section 09Liste de vérification actionnable
- Obtenir une préqualification d'hypothèque foreign national auprès d'au moins trois prêteurs. Comparer le taux, la mise de fonds, les réserves exigées, les conditions de remboursement anticipé et la warrantability du condo de la propriété visée.
- Calculer le coût après impôt de l'hypothèque foreign national dans votre tranche d'imposition spécifique, des deux côtés, en distinguant la location de l'usage personnel.
- Comparer ce coût après impôt au rendement après impôt attendu sur le capital qui paierait autrement cash. La voie hypothèque ne gagne que lorsque le second nombre dépasse le premier d'une marge suffisante pour compenser le risque de marché.
- Faire le calcul d'exposition à l'impôt successoral américain. Si la propriété excède 500 000 USD et est détenue personnellement sans hypothèque, l'exposition est matérielle et peut faire basculer la décision.
- Si vous achetez pour location, planifier l'élection IRC § 871(d) à déposer avec le premier formulaire 1040-NR. Confirmer que le gestionnaire d'immeuble ou le locataire détient un formulaire W-8ECI avant le début de la première période locative.
- Si vous utilisez une HELOC canadienne, confirmer avec un fiscaliste transfrontalier que les intérêts seront déductibles contre le revenu locatif sur T776, et documenter la traçabilité de l'usage des fonds, du tirage HELOC à l'achat USD.
- Étaler la conversion de change : au minimum, séparer les conversions de mise de fonds et de réserves des conversions de tampon d'exploitation. Utiliser un courtier de change enregistré (Convera, Wise ou équivalent) plutôt qu'une banque canadienne de détail pour toute conversion supérieure à 50 000 CAD.
- Déposer le formulaire T1135 pour l'année d'acquisition et chaque année subséquente où la propriété est détenue, si le coût excède 100 000 CAD.
- Si la propriété sera louée, s'enregistrer auprès des comptes fiscaux américains de l'État et du comté pour la location courte durée (taxe de vente Floride, taxe de développement touristique du comté) avant la première réservation.
- Construire un modèle de flux de trésorerie sur 10 ans en CAD et en USD, avec hypothèses de change explicites, factures fiscales des deux côtés, et une ligne de retenue FIRPTA à l'année de sortie. Refaire l'exercice annuellement.
Section 10FAQ
Un Canadien peut-il obtenir une hypothèque sur une propriété floridienne sans SSN ni historique de crédit américain ? Oui. Les programmes d'hypothèque foreign national sont conçus exactement pour ce profil. Les prêteurs utilisent des références de crédit canadiennes, des relevés bancaires étrangers et la documentation de réserves à la place d'un score FICO américain.
Le taux de 7 % est-il le même que j'achète en nom personnel ou via une LLC ? À peu près oui, avec des ajustements. L'emprunt par une LLC sur un programme foreign national ou DSCR se tarife typiquement entre 25 et 50 points de base par rapport au taux en nom personnel, mais le prêt est structuré comme un prêt commercial ou non-QM à finalité d'affaires, avec garantie personnelle du membre de la LLC. Les avantages successoraux et de responsabilité de la propriété en LLC appartiennent à une analyse séparée (voir les guides LLC et fiducie transfrontalière dans ce chapitre).
Si je paye cash maintenant, puis-je refinancer plus tard ? Oui. Un refinancement avec retrait de fonds après un achat cash est disponible aux foreign nationals, typiquement 6 à 12 mois après la clôture une fois que la propriété a maturé dans les registres du prêteur. Les taux sont habituellement légèrement supérieurs aux taux d'achat, et les plafonds LTV sont plus bas (couramment 65 % à 70 %).
L'économie d'impôt successoral via une hypothèque s'applique-t-elle si je détiens via une LLC ? La structure LLC change l'analyse. Une LLC américaine est considérée transparente par l'IRS pour un membre unique non-résident, donc la position successorale est identique à la détention personnelle. Une société de portefeuille canadienne qui détient une LLC américaine introduit une autre série d'enjeux (règles canadiennes anti-évitement sur les biens à usage personnel, droits sur les mutations immobilières au Québec, complexité de dépôts américains). Le guide fiducie transfrontalière traite l'alternative.
Quel taux de change devrais-je supposer dans mon modèle 10 ans ? Supposer le taux courant comme base et faire deux scénarios de stress à plus et moins 15 %. La fourchette USDCAD sur 10 ans des trois dernières décennies a confortablement dépassé cette plage. Modéliser à 1,37 seulement est une fausse précision.
L'assurance SCHL s'applique-t-elle aux hypothèques foreign national en Floride ? Non. La SCHL n'assure que les hypothèques canadiennes. L'équivalent américain (private mortgage insurance, ou PMI) ne s'applique pas aux programmes foreign national à la mise de fonds standard de 25 % à 35 %, parce que la PMI n'est exigée que sur les prêts conformes américains au-dessus de 80 % LTV.
Si j'achète via une HELOC canadienne et que le huard s'affaiblit, est-ce que je dois plus ? Vous devez le même montant en CAD sur la HELOC. La dette libellée en CAD ne bouge pas avec le taux de change. La valeur en USD de votre propriété floridienne, par contre, bouge ; un huard qui s'affaiblit veut dire que votre actif américain vaut plus en CAD, même sans changement du prix en USD. La voie HELOC concentre l'exposition de change dans l'actif plutôt que dans le passif.