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Chapitre 04 · Vente

Exception FIRPTA de 300 000 $ : résidence personnelle de l'acheteur

Quand un Canadien vend une propriété en Floride pour 300 000 USD ou moins à un acheteur individuel qui prévoit y habiter, aucune retenue FIRPTA n'est exigée à la clôture. Entre 300 000 USD et 1 000 000 USD avec la même intention de résidence, le taux passe de 15 % à 10 %. Le mécanisme est identique dans les deux paliers : un affidavit signé par l'acheteur, sous peine de parjure, qui lie le résultat (0 % ou 10 %) du vendeur à l'occupation réelle de l'acheteur durant deux ans.

Réponse directe · résumé 60 secondes

La version 60 secondes

Le Foreign Investment in Real Property Tax Act (FIRPTA) oblige l'acheteur d'un bien immobilier américain à retenir une portion du prix de vente lorsque le vendeur n'est pas une personne américaine. Le taux par défaut est de 15 %. Deux exceptions liées à l'usage personnel du bien par l'acheteur réduisent ou éliminent cette retenue.

L'exemption complète (0 %) s'applique quand le prix ne dépasse pas 300 000 USD et que l'acheteur est un individu qui prévoit utiliser la propriété comme résidence. Le taux réduit (10 %) s'applique quand le prix se situe entre 300 000 USD et 1 000 000 USD, avec la même intention de résidence.

L'exception est inscrite à l'IRC §1445(b)(5) (fédéral US), avec ses règles d'application au 26 CFR §1.1445-2(d)(1) (fédéral US). Le taux réduit de 10 % est à l'IRC §1445(c)(4) (fédéral US).

Pour un vendeur canadien, ce n'est pas une exonération de catégorie. C'est un résultat contractuel qui dépend de qui est l'acheteur, de ce qu'il signe, et de ce qu'il fait réellement après la clôture. Si l'acheteur change en cours de transaction, ou s'il signe l'affidavit puis abandonne son projet de résidence, le risque porte sur le flux de trésorerie du vendeur à la clôture, pas sur sa charge fiscale finale.

Référence · acronymes utilisés dans ce guide

Acronymes utilisés dans ce guide

  • FIRPTA : Foreign Investment in Real Property Tax Act, la loi fédérale américaine de 1980 qui taxe les vendeurs étrangers d'immobilier américain.
  • IRC : Internal Revenue Code, le corps des lois fiscales fédérales américaines.
  • CFR : Code of Federal Regulations, les règlements d'application publiés des lois fédérales.
  • IRS : Internal Revenue Service, l'administration fiscale fédérale américaine.
  • USRPI : US Real Property Interest, la classe d'actifs visée par FIRPTA.
  • ITIN : Individual Taxpayer Identification Number, le numéro fiscal IRS attribué aux non-américains qui ne peuvent obtenir un SSN.
  • TIN : Taxpayer Identification Number, le terme générique qui couvre les SSN, ITIN et EIN.
  • FAR/BAR : Florida Realtors / Florida Bar, le contrat type utilisé dans la majorité des transactions résidentielles de revente en Floride.
  • HOA : Homeowners Association, fréquente dans les copropriétés et les communautés planifiées en Floride.
  • LLC : Limited Liability Company, une forme juridique américaine souvent utilisée par les acheteurs pour la protection d'actifs.
  • ARC : Agence du revenu du Canada (CRA en anglais), l'administration fiscale fédérale canadienne.
  • LIR : Loi de l'impôt sur le revenu, la loi fédérale canadienne qui régit l'impôt sur le revenu et le gain en capital.

Section 01Comment fonctionne réellement l'exception de résidence

FIRPTA est un mécanisme de retenue à la source, pas un impôt en soi. Quand une personne étrangère dispose d'un intérêt immobilier américain, l'acheteur (et non le vendeur) est tenu par la loi fédérale de prélever un pourcentage du prix brut de vente et de le verser à l'IRS dans les 20 jours suivant la clôture. Le vendeur produit ensuite une déclaration fiscale américaine après la fin de l'année et reçoit soit un remboursement de toute retenue excédentaire, soit paie le solde dû. Le taux de 15 % par défaut figure à l'IRC §1445(a) (fédéral US) et s'applique aux clôtures effectuées à compter du 17 février 2016.

L'exception de résidence est une dérogation à ce taux par défaut. Elle ne dépend pas du statut, des intentions ou de l'historique fiscal du vendeur. Elle dépend entièrement de trois faits du côté de l'acheteur.

Premièrement, l'acheteur doit être un individu, pas une société, une fiducie, une société de personnes ou une LLC. Le 26 CFR §1.1445-2(d)(1) (fédéral US) est explicite : l'exception ne s'applique pas lorsque le cessionnaire est autre chose qu'une personne physique, même si cette entité acquiert la propriété pour le compte d'un individu qui y habitera.

Deuxièmement, le montant réalisé (le prix de vente brut, plus toute dette assumée par l'acheteur) ne doit pas dépasser le seuil applicable. Pour le palier 0 %, ce plafond est de 300 000 USD. Pour le palier 10 %, ce plafond est de 1 000 000 USD.

Troisièmement, l'acheteur ou un membre de sa famille doit avoir des projets définis de résider dans la propriété pendant au moins 50 % du nombre de jours où la propriété est utilisée par toute personne, durant chacune des deux périodes de 12 mois suivant la date de transfert. Le test est construit autour des jours d'utilisation, pas des jours du calendrier. Les jours où la propriété est vacante sont exclus du calcul. Si l'acheteur occupe la propriété deux mois et la loue quatre mois sur 12, le test est satisfait (deux des six mois utilisés dépassent le seuil de 50 %). Si l'acheteur n'y met jamais les pieds et que la propriété est louée 10 mois avec deux mois de vacance, l'acheteur échoue au test (zéro des 10 mois utilisés).

L'exception s'applique peu importe la forme juridique du vendeur. Un individu canadien, une société par actions canadienne, une SENC du Québec ou une fiducie non américaine peuvent tous bénéficier de l'exception côté vendeur, à condition que les faits côté acheteur s'alignent.

Section 02Les trois paliers de retenue, mis en grille

Prix de vente (USD)Acheteur individu + signature de l'affidavitSans affidavit
0 à 300 0000 % (exemption complète, IRC §1445(b)(5))15 %
300 001 à 1 000 00010 % (taux réduit, IRC §1445(c)(4))15 %
Au-dessus de 1 000 00015 % (aucune réduction de résidence disponible)15 %
Verified factLe taux par défaut de 15 % s'applique aux clôtures effectuées à compter du 17 février 2016, à la suite du Protecting Americans from Tax Hikes Act de 2015 (P.L. 114-113, fédéral US). Avant cette date, le taux par défaut était de 10 %. Les seuils de 300 000 USD et de 1 000 000 USD n'ont pas changé depuis l'adoption de FIRPTA en 1980.
OpinionLes seuils n'ont jamais été indexés sur l'inflation. Une maison de 300 000 USD en Floride en 1980, sur la base de l'IPC américain, équivaut à environ 1 200 000 USD en 2026. Le palier 0 %, comme filtre pratique, s'est considérablement rétréci. Dans la plupart des marchés côtiers du sud de la Floride en 2026, une maison unifamiliale se transige rarement sous 300 000 USD : le palier 0 % ne touche essentiellement plus que des copropriétés à l'intérieur des terres, des maisons mobiles dans des parcs pour retraités, et des terrains ruraux. Il s'agit d'une extrapolation éditoriale, pas d'une statistique publiée.

Section 03Ce que contient réellement l'affidavit de l'acheteur

L'IRS ne publie pas de formulaire obligatoire pour l'affidavit de résidence de l'acheteur. L'agent de clôture (escrow officer, compagnie de titres, ou avocat licencié en Floride) le rédige généralement à partir d'un modèle standard. Le texte couvre quatre éléments.

L'identité de l'acheteur, son statut d'individu, et la confirmation qu'il est bien le cessionnaire.

Le montant réalisé, exprimé en USD.

Une déclaration assermentée, sous peine de parjure, à l'effet que l'acheteur ou un membre de sa famille a des projets définis de résider dans la propriété pendant au moins 50 % des jours où elle sera utilisée durant chacune des deux périodes de 12 mois suivant la clôture.

La signature et la date de l'acheteur.

Deux choses comptent à propos de ce document. L'affidavit n'oblige pas l'acheteur à habiter réellement la propriété. Il l'engage envers une déclaration assermentée concernant son intention au moment de la signature. Si cette intention change ensuite pour des raisons authentiques (mutation professionnelle, divorce, maladie, retournement du marché), l'acheteur n'est pas automatiquement coupable de fraude. La responsabilité pour faux affidavit n'apparaît que si l'acheteur a signé en sachant que l'intention était fausse, ou si un agent intervenant dans la transaction avait une connaissance réelle de la fausseté.

L'affidavit n'est pas non plus déposé à l'IRS au moment de la clôture. L'agent de clôture conserve l'original. L'IRS ne le voit que si une vérification ultérieure du vendeur, de l'acheteur, ou du dossier de l'agent de clôture le fait remonter.

Section 04Ce que cela signifie pour un vendeur canadien

C'est la section qui détermine si cet article vous est utile. Trois conséquences concrètes découlent de l'exception de résidence.

Conséquence 1 : l'identité de votre acheteur affecte votre transfert à la clôture. Si un Canadien vend un condo à Orlando à un acheteur individuel américain pour 280 000 USD, et que l'acheteur signe l'affidavit de résidence, le transfert reçu à la clôture correspond au prix de vente complet moins les frais de vente. Aucune retenue FIRPTA. Si le même Canadien vend le même condo à 310 000 USD au même acheteur, 31 000 USD (10 %) sont retenus et versés à l'IRS. Si l'acheteur prend titre via une LLC américaine plutôt qu'en son nom propre, 46 500 USD (15 %) sont retenus, peu importe le prix. La charge fiscale finale du vendeur ne change pas entre ces scénarios. Seul le flux de trésorerie à la clôture change.

Conséquence 2 : les paliers 0 % et 10 % n'éliminent pas l'obligation fiscale du vendeur. Ils éliminent ou réduisent le mécanisme de collecte de l'IRS à la clôture. Le vendeur doit toujours produire le formulaire 1040-NR (fédéral US) pour l'année de la vente, déclarer le gain, calculer l'impôt fédéral américain dû, et payer tout solde restant. Un vendeur canadien qui lit le taux 0 % et conclut « pas d'impôt américain sur cette vente » lit la règle de travers.

Conséquence 3 : risque résiduel sur un affidavit défaillant. Selon l'IRC §1445(d) (fédéral US), l'acheteur est l'agent de retenue et est personnellement responsable des 15 % complets si l'IRS détermine plus tard que l'affidavit était faux ou que le test de résidence n'a pas été respecté. En pratique, le recours de l'IRS contre l'acheteur individuel (dont la propriété est en Floride) est plus fiable que contre un vendeur canadien déjà rentré au Québec. Si l'IRS poursuit plutôt le vendeur via la déclaration fiscale, le vendeur n'a aucun recours contractuel contre l'acheteur, à moins que le contrat FAR/BAR ou ses avenants ne contiennent une clause d'indemnisation explicite. Le résultat fiscal canadien sur le T1 (fédéral CA) et le TP-1 (provincial QC) n'est pas affecté par ce qui se passe au plan FIRPTA à la clôture.

Section 05Vente québécoise d'une propriété en Floride : la comparaison

Le droit canadien n'a pas de mécanisme « la résidence de l'acheteur change la retenue du vendeur ». Le cadre canadien est uniforme. Quand un non-résident vend un immeuble canadien, l'acheteur doit retenir en vertu de l'article 116 de la Loi de l'impôt sur le revenu (fédéral CA), avec une retenue parallèle au Québec en vertu de l'article 1102.1 de la Loi sur les impôts (provincial QC). Les projets de l'acheteur pour la propriété ne jouent aucun rôle. Le système est entièrement axé sur le statut de résidence du vendeur et sur un processus de certificat de conformité piloté par l'ARC et Revenu Québec.

Le tableau ci-dessous présente le parallèle pour un vendeur canadien qui vend une propriété en Floride et pour un non-résident qui vend une propriété au Québec, palier par palier juridictionnel.

ÉlémentFédéral US (FIRPTA)État (FL)Fédéral CA (LIR art. 116)Provincial (QC) (LI art. 1102.1)
LoiIRC §1445(a) à (c), 26 CFR §1.1445-2Aucune retenue d'ÉtatLIR art. 116 (L.R.C. 1985, ch. 1, 5e suppl.)Loi sur les impôts, art. 1102.1
Retenue par défaut15 % du prix brut de venteAucune (la FL n'a pas d'impôt sur le revenu)25 % du gain en capital brut (37,875 % pour bien amortissable)12,875 % du gain en capital brut
La résidence de l'acheteur affecte le tauxOui (0 % sous 300 000 USD, 10 % sous 1 000 000 USD)s.o.NonNon
Certificat de conformité disponibleFormulaire IRS 8288-Bs.o.ARC T2062 / T2068Revenu Québec TP-1097
Agent de retenueAcheteur (cessionnaire)s.o.AcheteurAcheteur
Délai post-clôture20 jourss.o.Notification généralement avant ou peu après la clôture; le processus de certificat dicte le calendrierRégime parallèle, calendrier comparable
Déclaration finale viaFormulaire 1040-NRAucuneT1 général (NR si applicable)TP-1
Typical rangePour un non-résident canadien qui vend un immeuble à revenus au Québec à un acheteur canadien, la retenue combinée fédérale CA + provinciale QC, sans certificats de conformité, atteint approximativement 37,875 % du produit brut, retenue jusqu'à l'émission des certificats. Cette fourchette varie selon le type de bien et l'historique d'amortissement. Le chiffre est donné à titre d'ordre de grandeur, pas en remplacement du calcul spécifique d'un notaire québécois.
OpinionLe système FIRPTA varie selon le profil de l'acheteur et le palier de prix. Le système canadien s'applique uniformément, peu importe le profil de l'acheteur ou le prix. Pour un vendeur canadien d'une propriété en Floride, l'implication pratique est que la retenue FIRPTA est plus variable que sa contrepartie canadienne, et qu'une partie de cette variabilité peut être planifiée à l'étape de la mise en marché en comprenant les profils d'acheteurs probables. Les comparaisons équivalentes pour les vendeurs de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et de l'Alberta qui vendent des immeubles canadiens à des non-résidents seront publiées ultérieurement.

Section 06Exemple chiffré

Un couple québécois possède un condo de deux chambres à Hollywood, en Floride. Acheté en 2019 pour 215 000 USD. Mis en vente en 2026 à 295 000 USD. L'acheteur retenu est un jeune couple de citoyens américains d'Atlanta qui prévoient prendre leur retraite en Floride. Ils signent le contrat FAR/BAR Residential Contract for Sale and Purchase à 290 000 USD.

À la clôture.

Montant réalisé : 290 000 USD. L'IRC §1445(b)(5) s'applique : le montant est à 300 000 USD ou moins, l'acheteur est un individu, l'acheteur déclare une intention de résidence. L'acheteur signe l'affidavit de résidence à la clôture. L'agent de clôture en conserve l'original. Retenue FIRPTA : 0 USD. Le vendeur reçoit le transfert intégral de 290 000 USD, moins les frais de vente.

Après la clôture, côté américain.

Le vendeur produit le formulaire 1040-NR pour l'année fiscale 2026. Gain en capital (fédéral US) : 290 000 USD moins 215 000 USD de prix de base, moins environ 20 000 USD de frais de vente, soit 55 000 USD. L'impôt fédéral américain sur le gain à long terme de 55 000 USD est d'environ 8 250 USD au taux de 15 % applicable à cette tranche de revenu. Le vendeur paie ce montant lors du dépôt du 1040-NR.

Après la clôture, côté canadien.

Le vendeur déclare le gain au T1 (fédéral CA) et au TP-1 (provincial QC) pour l'année fiscale 2026. Le gain en capital canadien est calculé en CAD au taux de change réel de la date de chaque transaction (acquisition et vente), pas à un taux de fin d'année unique. Le vendeur réclame un crédit pour impôt étranger contre les 8 250 USD d'impôt américain payé, sous réserve de l'article XXIV de la Convention fiscale Canada-États-Unis (fédéral CA / fédéral US). Résultat : pas de double imposition sur le gain, et le taux effectif final correspond au plus élevé des deux taux juridictionnels.

Comparaison : même condo à 310 000 USD.

Si le prix contractuel avait été de 310 000 USD avec le même acheteur, l'IRC §1445(c)(4) s'appliquerait : montant supérieur à 300 000 USD mais à 1 000 000 USD ou moins, avec affidavit de résidence. Retenue FIRPTA : 31 000 USD (10 % de 310 000 USD). Le vendeur aurait 31 000 USD retenus par l'IRS jusqu'au dépôt du 1040-NR et au traitement du remboursement (typiquement de 6 à 12 mois après le dépôt). La charge fiscale finale américaine reste dans les mêmes eaux (55 000 USD x 15 % = 8 250 USD si le prix de base est similaire). Le vendeur récupère éventuellement environ 22 750 USD des 31 000 USD retenus, à titre de remboursement.

La leçon est précise : l'exception de résidence est un instrument de calendrier de trésorerie. Elle ne change pas la charge fiscale américaine finale du vendeur. Elle change le moment où l'argent est entre les mains du vendeur.

Section 07Erreurs fréquentes

1. Présumer que le vendeur peut « invoquer » l'exception. L'exception est celle de l'acheteur. Le vendeur n'a aucune autorité unilatérale pour la déclencher. Si l'acheteur refuse de signer l'affidavit (préoccupations sur ses intentions futures, conseils de son propre avocat, ou simple inertie), la clôture procède au taux par défaut de 15 %. Un vendeur qui fixe un prix sous 300 000 USD en présumant recevoir le produit complet à la clôture peut se retrouver avec 43 500 USD de retenue inattendue.

2. Lire la règle des 50 % comme « 183 jours par année ». Plusieurs sources secondaires présentent la règle comme un seuil de 183 jours. C'est inexact. Le règlement exige 50 % des jours où la propriété est utilisée par toute personne, les jours de vacance étant exclus. Un acheteur qui occupe la propriété 60 jours par année et la loue 0 jour satisfait le test. Un acheteur qui l'occupe 60 jours et la loue 100 jours échoue (60 sur 160 jours utilisés, soit 37,5 %, sous le plancher de 50 %).

3. Vendre à un acheteur qui constituera une LLC à la clôture. L'exception exige que le cessionnaire soit un individu. Si le contrat FAR/BAR est cédé à une LLC à membre unique au moment de la clôture (manœuvre fréquente de protection d'actifs côté acheteur), l'exception disparaît et la retenue de 15 % s'applique intégralement, peu importe les projets d'occupation réels. Le vendeur doit exiger une clause contractuelle interdisant la cession à une entité, ou accepter la conséquence sur la retenue.

4. Se fier à une assurance verbale de l'acheteur. Tant que l'affidavit n'est pas signé à la clôture, le vendeur n'a aucun recours exécutoire pour activer l'exception. Un vendeur qui structure ses décisions de mise en marché ou de prix autour de la présomption d'un acheteur résident doit l'inscrire comme contingence contractuelle explicite, exigeant la signature de l'affidavit à la clôture.

5. Confondre l'affidavit de résidence de l'acheteur et l'affidavit de non-personne-étrangère du vendeur. Ce sont deux documents distincts pour deux fins distinctes. L'affidavit de non-personne-étrangère du vendeur (en vertu de l'IRC §1445(b)(2), fédéral US) certifie que le vendeur n'est pas une personne étrangère et élimine la retenue entièrement. Un vendeur canadien ne peut pas signer ce document. L'affidavit de résidence de l'acheteur réduit ou élimine la retenue en établissant l'usage prévu par l'acheteur. Les deux ne sont pas interchangeables, et un agent de clôture qui les confond crée une exposition fiscale et de responsabilité pour les deux parties.

6. Ignorer l'avenant FIRPTA du FAR/BAR à l'étape contractuelle. Le contrat standard FAR/BAR Residential Contract for Sale and Purchase contient une clause FIRPTA et un avenant FIRPTA optionnel. Un vendeur qui signe sans réviser ces dispositions peut découvrir que la clause d'indemnisation a été modifiée ou retirée, que l'affidavit est silencieux sur la résidence d'un membre de la famille (que le règlement permet), ou que l'identité de l'agent de clôture a été laissée vide. La revue par un avocat licencié en Floride à l'étape contractuelle coûte significativement moins cher que le recouvrement de fonds mal retenus après coup.

7. Demander un certificat de retenue IRS (formulaire 8288-B) quand l'exception de résidence suffirait. Le formulaire 8288-B s'applique quand le vendeur veut réduire la retenue sur la base de la responsabilité fiscale maximale réelle, ce que l'IRS adjuge en environ 90 jours. Une transaction admissible à l'exception de résidence n'a pas besoin du 8288-B et ne devrait pas l'utiliser : l'affidavit à la clôture est le document opérant et produit le même résultat avec moins de complications administratives.

Section 08Liste de contrôle pour un vendeur canadien

  1. Confirmer si le prix contractuel est à 300 000 USD ou moins, entre 300 001 USD et 1 000 000 USD, ou au-dessus de 1 000 000 USD. Le seuil détermine quelle règle s'applique.
  2. Vérifier que l'acheteur est un individu, pas une société, une LLC, une société de personnes ou une fiducie. Si l'acheteur prend titre sous toute forme non individuelle, l'exception ne s'applique pas.
  3. Faire en sorte que le courtier inscripteur et le courtier de l'acheteur fassent émerger, par écrit, l'usage prévu de la propriété par l'acheteur avant la signature du contrat. « Résidence personnelle », « maison de vacances », et « résidence secondaire avec usage familial » peuvent toutes qualifier si le test des 50 % de jours utilisés est respecté.
  4. Ajouter une contingence contractuelle exigeant que l'acheteur signe, à la clôture, l'affidavit de résidence conforme à l'IRC §1445(b)(5) ou à l'IRC §1445(c)(4) selon le cas, et interdisant la cession du contrat à une entité non individuelle.
  5. Confirmer avec l'agent de clôture (compagnie de titres ou avocat licencié en Floride) qu'il rédigera et conservera l'affidavit, et qu'il en gardera l'original au dossier pour la durée de conservation prescrite par l'IRS.
  6. Confirmer par écrit avec l'agent de clôture le montant exact que le vendeur recevra par transfert à la clôture, net de toute retenue. Ne pas se fier aux estimations verbales.
  7. Si le prix de vente se situe entre 300 001 USD et 1 000 000 USD, planifier la trésorerie en présumant une retenue de 10 % (potentiellement de 30 000 USD à 100 000 USD retenus par l'IRS pendant 6 à 12 mois après la clôture).
  8. Mandater un fiscaliste transfrontalier licencié en matière Canada-États-Unis pour produire le formulaire 1040-NR (fédéral US) pour l'année de la vente, réclamer tout remboursement FIRPTA, et coordonner le crédit pour impôt étranger sur la déclaration canadienne.

Section 09FAQ

L'exception s'applique-t-elle si l'acheteur est un citoyen américain ? Oui. L'exception s'applique selon le statut de l'acheteur (individu + intention de résidence), pas selon sa nationalité. C'est le statut de non-résident du vendeur qui déclenche FIRPTA en premier lieu; le profil de l'acheteur déclenche l'exception.

L'exception s'applique-t-elle si l'acheteur est lui aussi non américain ? Oui. Le règlement 26 CFR §1.1445-2(d)(1) n'exige pas que l'acheteur soit américain. Un citoyen français qui achète une maison en Floride pour usage personnel, d'un vendeur canadien, peut signer l'affidavit et déclencher l'exception. Les conditions légales sont que l'acheteur est un individu (pas une entité) et qu'il a des projets définis d'y résider pendant au moins 50 % des jours utilisés durant chacune des deux périodes de 12 mois après la clôture.

L'acheteur peut-il signer l'affidavit puis changer d'avis deux ans plus tard ? L'affidavit certifie l'intention au moment de la signature. Un changement authentique de circonstances après la clôture (emploi, famille, marché) ne rend pas l'affidavit rétroactivement invalide. Ce qui le rend invalide, c'est de signer en sachant que l'intention était fausse. La responsabilité pour faux affidavit échoit à l'acheteur (l'agent de retenue selon l'IRC §1445(d)) et peut s'étendre à son courtier si ce dernier avait une connaissance réelle de la fausseté.

Et si la propriété sera louée à temps partiel ? La règle des 50 % permet la location à temps partiel. Si l'acheteur occupe la propriété 60 jours par année et la loue 30 jours, le test est satisfait (60 sur 90 jours utilisés, soit 67 %). Si l'acheteur occupe 30 jours et loue 90 jours, le test échoue (30 sur 120, soit 25 %). Documenter l'usage anticipé soigneusement à l'étape contractuelle.

L'exception s'applique-t-elle à un bien commercial que l'acheteur prévoit convertir en résidentiel ? Le règlement exige que la propriété soit acquise pour usage comme résidence. L'acquisition d'un bien commercial avec projet de conversion est une zone grise, et l'IRS n'a pas émis de directive définitive en la matière. Un avocat licencié en Floride avec expérience FIRPTA devrait être consulté pour tout type de propriété non standard avant la signature du contrat.

Et si la propriété est un duplex ou comporte une unité locative ? L'exception s'applique à la propriété dans son ensemble, pas à une unité spécifique. Si l'acheteur occupe l'unité du propriétaire et loue l'autre, le test s'applique au total des jours utilisés sur l'ensemble de la propriété. Le contrat ou l'avenant FAR/BAR devrait préciser quels jours comptent comme « usage de l'acheteur » et quels jours comptent comme « usage du locataire » pour éviter toute ambiguïté en cas de vérification.

L'exception s'applique-t-elle si l'enfant adulte de l'acheteur y vivra à temps plein ? Oui. Le règlement permet à la résidence d'un membre de la famille de compter dans le test des 50 %. La « famille » est interprétée largement en droit fiscal fédéral américain et inclut le conjoint, les parents, les enfants et les frères et sœurs. L'enfant adulte canadien d'un acheteur canadien qui habite à l'année dans la propriété en Floride peut satisfaire le test de résidence pour le compte de l'acheteur canadien.

Le vendeur a-t-il un autre moyen de réduire la retenue si l'acheteur refuse de signer l'affidavit ? Oui, via le formulaire 8288-B (fédéral US). Le vendeur (ou l'acheteur, ou le représentant autorisé de l'une ou l'autre partie) peut demander à l'IRS un certificat de retenue basé sur la responsabilité fiscale maximale réelle, avant la clôture. Le traitement prend typiquement environ 90 jours. Un guide distinct sur le formulaire 8288-B couvre cette voie.

Le contrat FAR/BAR est-il le seul modèle qui gère cela ? Non. FAR/BAR est le modèle résidentiel dominant en Floride, mais d'autres modèles existent (commercial, variantes AS/IS, contrats personnalisés rédigés par avocats). Quel que soit le modèle utilisé, les clauses FIRPTA et l'affidavit de résidence de l'acheteur doivent être traités explicitement, pas présumés.

Équipe éditoriale

Équipe éditoriale CanadaFlorida

Recherche fondée sur des sources publiques primaires citées au bas de chaque guide : lois fédérales et de la Floride, agences fédérales américaines et canadiennes, autorités officielles des comtés et de l'État de Floride, et organismes provinciaux canadiens lorsque pertinent.

Chaque chiffre, taux, seuil et échéance de ce guide est tiré d'une source primaire vérifiable listée au bas de la page. L'article est mis à jour lorsque les règles sous-jacentes changent, avec une nouvelle date de révision en haut.

Sources et références

  1. 26 U.S.C. §1445, Withholding of tax on dispositions of United States real property interests (fédéral US, Cornell LII).
  2. 26 CFR §1.1445-2, Situations in which withholding is not required under section 1445(a) (fédéral US, Cornell LII).
  3. 26 CFR §1.1445-1, Withholding on dispositions of U.S. real property interests by foreign persons: in general (fédéral US, Cornell LII).
  4. IRS, Exceptions from FIRPTA withholding (fédéral US).
  5. IRS, FIRPTA withholding overview (fédéral US).
  6. IRS Form 8288, U.S. Withholding Tax Return for Dispositions by Foreign Persons of U.S. Real Property Interests (fédéral US).
  7. IRS Form 8288-B, Application for Withholding Certificate for Dispositions by Foreign Persons of U.S. Real Property Interests (fédéral US).
  8. IRS Publication 515, Withholding of Tax on Nonresident Aliens and Foreign Entities (fédéral US).
  9. Protecting Americans from Tax Hikes Act of 2015 (P.L. 114-113) (fédéral US, hausse du taux de retenue de 10 % à 15 %).
  10. Florida Realtors, ressources FAR/BAR (industrie de Floride).
  11. Loi de l'impôt sur le revenu, L.R.C. 1985, ch. 1 (5e suppl.), article 116 (fédéral CA).
  12. Loi sur les impôts (Québec), articles 1097 à 1102.1 (provincial QC).
  13. Convention fiscale Canada-États-Unis, articles XIII et XXIV (fédéral CA / fédéral US).

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Avertissement

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